Portrait
Une maison flambant neuve d'un lotissement tout juste sorti de terre, à Anetz. C'est là que vit, depuis mai dernier, Rony Martias, 28 ans, coureur cycliste professionnel chez Bouygues Télécom. Il n'est pas originaire de la région : ses racines sont à chercher de l'autre côté de l'océan, en Guadeloupe. La Guadeloupe, dont une carte est l'unique décoration accrochée au mur de son salon. La Guadeloupe, où vivent ses parents, son frère et ses deux soeurs. La Guadeloupe, où tout a commencé.
Tout, c'est-à-dire la passion du vélo. « Mon père faisait des courses amateurs. Ça m'a donné envie », raconte-t-il. Le fils, lui, est allé plus loin. En 1998, à 18 ans, on lui propose une place dans l'équipe amateur Vendée U à La Roche-sur-Yon, un tremplin possible vers le monde professionnel. Alors, il part, avec un camarade Guadeloupéen.
« Je n'avais jamais vécu loin de mes parents, en métropole. C'était une aventure, une autre vie. » Les hivers, surtout, sont un peu rudes, pour qui a grandi sous le soleil... Mais il parvient à faire ses preuves : après une bonne saison en 2003, il entre dans le monde professionnel au sein de l'équipe Brioches la Boulangère, qui deviendra ensuite Bouygues Télécom. « C'était l'année ou jamais, car à partir d'un certain âge, c'est plus difficile de passer pro », juge-t-il.
Le Tour, un rêve
Depuis, il multiplie les courses, dont certaines parmi les plus grandes : Milan - San Remo, Paris Roubaix, le Tour d'Espagne, celui d'Italie. La Grande Boucle ? Il ne s'y est, pour l'heure, pas frotté. Pour cette année, les joueurs de son équipe n'ont pas encore été sélectionnés. « Faire le tour, ce serait un rêve d'enfant, avoue-t-il, mais ce n'est pas une obsession. »
En attendant, son meilleur souvenir reste une victoire d'étape sur le tour de Picardie, qui lui offre le maillot jaune pour une journée. « Ces moments où on gagne, ce sont les plus beaux d'une carrière. C'est tout un travail qui paie », explique-t-il.
Car il surveille son alimentation et son sommeil, et il pédale six jours par semaine. En stage, avec son équipe. Ou seul, sur les routes du pays d'Ancenis et des environs. Il aime s'entraîner dans les Mauges ou du côté de Couffé. Parfois, si leurs programmes d'entraînement concordent, il fait un bout de chemin avec d'autres coureurs établis en Maine-et-Loire ou en Loire-Atlantique.
Et puis, il y a les nombreux déplacements pour les compétitions : cette année, il a concouru en Australie et dans le sud de la France, tandis que se profilent les « classiques », épreuves sur une journée qu'affectionne particulièrement ce coureur au profil plutôt routier et sprinteur.
Un quotidien qui lui laisse tout de même le temps de voir sa petite fille de trois ans. Et de s'intégrer dans la région. « Avec les voisins, ça se passe bien, confie-t-il. Et j'ai fait connaissance avec des passionnés de vélo à Anetz qui sont devenus des amis ! »
voir l interview de louise journaliste en herbe de anetz aujourd hui et demain voir articles cliquer ici http://anetzaujourdhuietdemain.org/menureportage/178-interview-de-rony-martias.html