C'est l'un des rares coureurs Antillais du peloton ; Rony Martias, qui vient de fêter ses 29 ans, est sur le point de boucler sa septième saison chez les professionnels. Ce coureur, qui est le cousin de Christine Arron, ne cesse de nous apporter du soleil par sa bonne humeur. Il apprécie les courses difficiles comme le Tro-Bro Léon ou le Paris – Roubaix et ça sera d'ailleurs, on vient tout juste de l'apprendre, sous les couleurs de Saur – Sojasun qu'il essayera de bien y figurer dès la saison prochaine. Entretien avec Cyclism'Actu.
- Rony, quel bilan tirez-vous de votre première partie de saison ?
Mon début de saison a été marqué par une chute assez importante sur Milan – San Remo, qui m'a perturbé lors de la période des classiques. Ensuite j'étais bien lors de Paris – Roubaix et du Tro-Bro Léon où j'ai fait toute la course devant mais j'ai eu une fringale à quinze kilomètres de l'arrivée. Mais heureusement c'est un de mes équipiers, Saïd Haddou qui s'est imposé. Sur Tirreno j'ai fait quelques places des les vingt premiers, sur le Tour de Picardie j'ai participé à plusieurs échappées mais qui n'ont pas abouties. Il y a certaines courses où j'aurai aimé faire mieux. Cela reste une saison mitigée.
- Vous n'avez pas été sélectionné ni pour le Giro, ni pour le Tour de France. Êtes-vous déçu de cette décision ?
Pour le Giro, cela n'était pas prévu. Pour le Tour de France, c'est le choix de l'équipe, c'est eux qui font la sélection. C'est sûr que cela aurait été bien de la faire mais c'est comme ça. Maintenant il faut se concentrer pour essayer de faire une belle fin de la saison.
- Quel est votre programme pour cette fin de saison ?
Je ne sais pas trop encore. J'ai chuté lors du Tour de Wallonie et je suis un peu blessé au niveau d'une côte. Si cela va mieux, il est prévu que je participe à la Cyclassics d'Hambourg. La suite n'est pas encore définie, même si je fais parti de la présélection pour la Vuelta.
« FAIRE TOUTES LES COURSES À FOND »
- Et vous êtes-vous fixé des objectifs pour terminer cette saison ?
Je compte faire toutes les courses à fond mais je ne me suis pas fixé un objectif en particulier.
- L'an prochain, porterez-vous les couleurs de Bouygues ?
C'est encore un petit peu trop tôt pour en parler. Je préfère attendre la semaine prochaine pour officialiser les choses. (NDLR : Au moment de l'interview, Rony n'avait pas encore officialisé son transfert. Nous avons appris aujourd'hui qu'il roulera la saison prochaine pour la formation Saur – Sojasun de Stéphane Heulot.)
- Votre équipier Yohann Gène et vous avez développé une sacrée complicité, n'est ce pas ?
Oui bien sûr. On a commencé tout les deux le vélo en Guadeloupe, on est arrivé ensemble en métropole et l'on est tout les deux ensemble depuis dix ans. Yohann, c'est quelqu'un que je considère comme un frère. C'est Jean-René Bernaudeau qui est venu nous chercher tout les deux et nous avons ensuite intégré le team Vendée U. Je suis passé le premier professionnel avec Brioche la Boulangère puis Yohann m'a rejoint un an et demi après lorsque l'équipe est devenu Bouygues.
« EN GUADELOUPE, C'EST LE SPORT NUMÉRO UN ! »
- Et comment est perçu le cyclisme aux Antilles ?
En Guadeloupe, c'est le sport numéro un ! Actuellement il y a le Tour de la Guadeloupe et beaucoup de personnes prennent spécialement des vacances pour le suivre. Là bas ils sont mordu du vélo et cela passe même avant le football. Cependant, il n'y a pas beaucoup de Guadeloupéens qui parte en métropole car là bas les stars sont « chouchoutées » par leur staff afin qu'ils restent sur l'île. C'est dommage car il y a du potentiel et cela les empêche d'accéder à un plus haut niveau. Le rêve de tout Guadeloupéen est de gagner un jour le Tour de la Guadeloupe, mais il y a aussi de très belles courses là-bas.
- C'est cette ambiance là qui vous a donné envie de vous mettre au cyclisme ?
Oui et il y a aussi mon père qui faisait du vélo et du coup l'envie est venu de père en fils.
- Et vous-même, suivez-vous actuellement le Tour de la Guadeloupe ?
Oui bien sûr, sur Internet. C'est l'évènement majeur là bas. Sur cette course, il y a des équipes locales, mais aussi des équipes colombiennes, vénézuélienne, une équipe des métropoles et deux ou trois équipes européennes. Mais il y a essentiellement des Sud-Américains.
- Pour les lecteurs qui vous connaissent peu, pouvez-vous vous décrire ?
Je dirais que je suis plus un routier/sprinter. J'ai une bonne pointe de vitesse sur un groupe de dix ou quinze coureurs, mais sur un sprint massif je me débrouille aussi. Je suis quelqu'un qui aime aller devant, me battre, aller dans les échappées. Les courses que j'apprécie, que j'aime bien, ce sont les classiques comme Paris – Roubaix. Ce sont des courses qui me tiennent à c½ur et où j'espère bien figurer dans les prochaines années. Lorsqu'il faut grimper, je n'aime pas trop... enfin, c'est plus difficile par rapport à mon gabarit.
Un grand merci à Rony pour sa sympathie et sa disponibilité.
Interview réalisée le 08.08.2009 par Christophe Merono, avec la complicité de William Castelain.